La Banque de France va tester une monnaie digitale de banque centrale

Suite à l’émergence des crypto-monnaies et notamment des stablecoins, la Banque de France souhaite accroitre la rapidité d’exécution des paiements transfrontaliers et envisage d’émettre une monnaie digitale de banque centrale (MDBC).

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Lors d’un discours hier à Paris, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France (BdF) et président de l’ACPR, est revenu sur « la création éventuelle d’une monnaie digitale de banque centrale (MDBC) ».

Bien que les MDBC ne soient pas « une condition ni préalable ni suffisante » pour des paiements plus efficaces, Villeroy de Galhau estime que les banques centrales doivent « saisir cette injonction à l’innovation ».

Il a indiqué que la BdF commencerait des expérimentations rapidement afin de « lancer un appel à projets d’ici la fin du premier trimestre 2020 ».

“Disposer d’une MDBC permettrait de préserver la confiance dans le système financier […] Le deuxième argument porte sur les gains d’efficacité, la réduction des coûts d’intermédiation et la robustesse potentiellement générés par la « tokénisation » de la monnaie centrale notamment dans les activités de règlement et de post-marché (objectif également visé par le projet JPM Coin). Enfin, la mise en place d’une MDBC nous permettrait de disposer d’un puissant levier d’affirmation de notre souveraineté face aux initiatives privées du type Libra. C’est d’ailleurs l’une des préoccupations mises en avant par la Banque centrale de Chine dans son projet de monnaie numérique,” a-t-il dit.

Selon Villeroy de Galhau, une MDBC proposerait plusieurs usages : l’un destiné aux paiements entre banques (MDBC de gros) et utilisant toutes les possibilités de la technologie blockchain (notamment des smart contracts), l’autre pour le grand public (MDBC de détail), plus simple et adapté pour le traitement d’opérations de masse.

Le gouverveneur de la BdF a toutefois conclu en indiquant que « les modalités de diffusion d’une MDBC devront faire l’objet d’une vigilance particulière ».

“Il nous faut absolument étudier les externalités potentiellement négatives qu’une MDBC pourrait avoir sur la liquidité, la rentabilité et l’intermédiation bancaires. Les risques associés aux conversions importantes et/ou soudaines de dépôts bancaires vers la monnaie centrale devront, à ce titre, être strictement étudiés,” a-t-il expliqué.

Le mois dernier, Denis Beau, le premier sous-gouverneur de la Banque de France, estimait que la tokenisation d’actifs financiers, combinée à des systèmes de règlement blockchain, pourrait aider à « répondre aux demandes du marché », et dans le même temps, « contribuer à remédier aux limites actuelles des infrastructures existantes ».

Face à l’offensive Libra de Facebook, des acteurs français de la blockchain, comme Ark Ecosystem et Ledger, s’organisent pour proposer aux autorités une crypto-monnaie nationale.

D’après IBM, une banque centrale, qui ne fait pas partie du G20, devrait émettre une monnaie numérique accessible aux entreprises et consommateurs d’ici moins de 5 ans.

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