Facebook Libra, une préoccupation grave pour la banque centrale américaine

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Le président de la Réserve fédérale américaine a ajouté sa voix au chœur des doutes soulevés par les législateurs, les politiciens et d autres personnes dans le monde entier au sujet de Libra, la nouvelle monnaie numérique de Facebook. En s adressant au Comité des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis, Jerome Powell a déclaré que «Libra soulève de nombreuses préoccupations sérieuses concernant la vie privée, le blanchiment d argent, la protection des consommateurs et la stabilité financière» avant d’ajouter : «Je ne pense pas que le projet puisse aller de l avant sans répondre à ces préoccupations». Dévoilée le mois dernier, Libra sera gérée par un consortium appelé Libra Association et par un portefeuille électronique nommé Calibra. Facebook travaille aux côtés de 27 partenaires dont PayPal, Visa, Uber, Coinbase, Lyft, Mastercard, Vodafone, eBay et Spotify. L association espère atteindre 100 membres, dont la plupart devront contribuer à hauteur de 10 millions de dollars pour intégrer le projet. Chaque membre dispose de la même voix au sein de l association, dont le siège se trouve en Suisse. Facebook n aura donc pas plus d influence sur les décisions de l association que tout autre membre. Libra sera mise en circulation au premier trimestre 2020 L’introduction de Libra est prévue durant le premier semestre 2020. La cryptomonnaie permettra d’acheter des produits, d’envoyer de l argent à l étranger et de faire des dons. La Réserve fédérale a mis en place un groupe de travail qui va suivre le projet en concertation avec d’autres banques centrales. Des représentants de Facebook seront entendus par le Congrès américain pour répondre aux questions soulevées par Libra. David Marcus, le directeur de Calibra, a déclaré la semaine dernière que la Libra Association est «engagée dans un processus de collaboration avec les régulateurs, les banques centrales et les législateurs pour s assurer que Libra aide à résoudre les problèmes que le système financier actuel a combattu». Scepticisme et défiance envers la cryptomonnaie de Facebook Depuis son annonce, Libra a été confrontée à un scepticisme et à une défiance considérables de part d’autre de l’Atlantique. À Washington, les politiciens se sont rapidement plaints des antécédents de Facebook en matière de protection de la vie privée des utilisateurs. Maxine Waters, sénatrice démocrate de Californie qui préside le Comité des services financiers de la Chambre des représentants, a demandé à Facebook de suspendre le développement de Libra jusqu à ce que le Congrès puisse en apprendre davantage sur le projet. «Facebook est déjà trop grand et trop puissant, et il a utilisé ce pouvoir pour exploiter les données des utilisateurs sans protéger leur vie privée », a renchéri Sherrod Brown, sénateur démocrate de l Ohio. «Nous ne pouvons pas permettre à Facebook d utiliser une nouvelle cryptomonnaie risquée sur un compte bancaire suisse sans surveillance.» En Europe, les réactions ont eu la même teneur. Au micro d’Europe 1, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a estimé que Libra était une bonne idée si son utilisation était limitée aux transactions. «Que Facebook crée sa propre monnaie, un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, il est hors de question qu elle devienne une monnaie souveraine». Il considère qu’une monnaie doit «rester aux mains des États et pas des entreprises privées qui répondent à des intérêts privés». Le ministre de l’Économie a par ailleurs indiqué avoir «demandé aux gouverneurs des banques centrales des membres du G7 de nous faire un rapport pour la mi-juillet, quand se tiendra le G7 des ministres des Finances, pour qu ils nous disent quelles sont les garanties à obtenir de la part de Facebook». L Inde aurait également déclaré qu elle envisageait de ne pas autoriser la monnaie numérique. «La conception de la monnaie Facebook n a pas été entièrement expliquée», a déclaré Subhash Garg, secrétaire aux Affaires économiques de l Inde, cité par Bloomberg. La blockchain sur laquelle reposera Libra sera mondiale, mais il appartiendra aux fournisseurs de Calibra de déterminer où ils exploiteront le service de portefeuille. Il ne sera pas non plus disponible dans les pays sanctionnés par les Etats-Unis, ni dans les pays qui interdisent les cryptomonnaies.

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